Prévention des déformations crâniennes positionnelles (DCP) et plagiocéphalies   et mort inattendue du nourrisson
Recommandation de bonne pratique – Mis en ligne le 05 mars 2020

Objectifs de cette fiche mémo ?
Mesures de prévention de la mort inattendue du nourrisson ; prévention primaire en maternité sur la mort inattendue et la déformation crânienne positionnelle du nourrisson ; Réduire la survenue des déformations crâniennes positionnelles chez les nourrissons.
Cette fiche mémo a été réalisée dans le cadre d’un partenariat HAS – Conseil National Professionnel de Pédiatrie (CNP-P).
Quels sont les messages clés ?
Le couchage à plat sur le dos strict pour le sommeil est recommandé pour prévenir la mort inattendue du nourrisson (MIN). Le principal facteur de risque de la MIN est le couchage en position ventrale ;
Les DCP sont de bon pronostic. Aucune donnée actuelle de la littérature ne permet de conclure à un lien de causalité entre DCP et retard neuro-développemental, troubles spécifiques ophtalmologiques, oculomoteurs, ou vestibulaires ;
Le principal facteur de risque des déformations crâniennes positionnelles (DCP) est la limitation de la motricité libre et spontanée du nourrisson par défaut de mobilité propre ou par contrainte environnementale externe ;
L’examen clinique est habituellement suffisant pour poser le diagnostic de DCP. L’imagerie est rarement nécessaire ;
Il est possible de prévenir la survenue des DCP en préservant la mobilité libre et spontanée du nourrisson, tout en respectant les recommandations de prévention de la MIN. Aucune intervention de soins préventive n’est nécessaire ;
Dans les DCP constituées associées à un défaut de mobilité cervicale, l’association précoce de recommandations positionnelles et de kinésithérapie à orientation pédiatrique est l’intervention de choix.

Prévention après la naissance
Prévenir la plagiocéphalie en laissant le bébé bouger!

Une évaluation, non seulement de la symétrie des compétences neuromotrices globales du nouveau-né, mais également des facteurs de risque de DCP, doit être réalisée avant la sortie de la maternité, et à chaque examen clinique.
Il est recommandé de renouveler aux parents des conseils personnalisés et adaptés à leur nourrisson, surtout pendant les 6 premiers mois de vie lorsque le crâne est le plus malléable, et à chaque entretien ou consultation ultérieure.
Il est recommandé de respecter en toute situation la position neutre de la tête en évitant toute posture en hyperextension ou hyperflexion du cou.
Il est recommandé d’adresser les enfants présentant un torticolis postural ou musculaire vers un kinésithérapeute à orientation pédiatrique.

Prise en charge des déformations crâniennes positionnelles (DCP) constituées

Kinésithérapie

  • La kinésithérapie doit être prescrite systématiquement en cas de défaut de mobilité cervicale, en complément des conseils de repositionnement chez le nourrisson présentant une DCP constituée.
  • Une ordonnance type pour rééducation neuromotrice d’une asymétrie posturale doit spécifier les éléments suivants : indication médicale, organe cible, localisation, objectifs des soins.
  • Plus le traitement est prescrit tôt (durant le premier mois de vie), plus les chances de normalisation sont importantes.
    REMARQUES de l’auteur de ces lignes: la plagiocéphalie est un réel syndrome postural qui doit amener à une prise en charge globale de l’enfant par le praticien. Ceci, tant sur un point de vue neuromoteur, que sur un plan du général du corps. la déformation du crâne, la position du cou sont les parties visibles. Le corps dans son ensemble se positionne comme une sorte de spirale ou autre. De nombreux enfants ont une position en « virgule spiralée » mais on ne regarde que la tête ou le cou, le reste du corps est « caché » par les vêtements. Le kinésithérapeute verra l’enfant sans habillage et fera une prise en charge GLOBALE

Ostéopathie

  • Actuellement les données scientifiques ne permettent pas de recommander l’ostéopathie. Une approche ostéopathique à orientation pédiatrique peut être associée à la kinésithérapie en deuxième intention dans le cadre d’une prise en charge pluri-professionnelle.

Orientation vers une équipe spécialisée et place de l’orthèse crânienne

  • En cas d’absence d’amélioration de la déformation crânienne après une prise en charge adaptée, une orientation précoce (fin du premier semestre) par le médecin qui suit l’enfant vers un centre de compétences ou de référence
    des malformations cranio-faciales5 est recommandée.
  • Ces centres spécialisés pour la prise en charge des anomalies cranio-faciales intègrent un neurochirurgien, un chirurgien maxillo-facial ou un chirurgien plastique pédiatriques.
  • L’indication d’une orthèse crânienne est exceptionnelle et ne peut être posée que par ces équipes, seules à même d’évaluer la balance bénéfice-risque pour l’enfant.