L’OSTÉOPATHIE 

HISTORIQUE Ι DEFINITION Ι PRINCIPES Ι LES DIFFÉRENTS TRAITEMENTS

Derrière ce mot il est délicat de mettre de prime abord une définition universelle. Aux Etats-Unis il s’agit d’une discipline médicale à part entière, avec écoles de médecine, hôpitaux, chirurgiens… de toute évidence, ce n’est pas à ceci que fait allusion un Français. En Grande-Bretagne, le mot ostéopathie veut dire soin par la main des affections ostéo-articulaires, surtout la colonne vertébrale. C’est plutôt ce sens qui est attribué en France.

Les manœuvres ostéopathiques semblent être de deux natures (mais les définitions changent avec les auteurs) :

1. La mobilisation manuelle qui respecte l’amplitude articulaire habituelle, dite « physiologique »
2. La mobilisation en force, supposée dépasser l’amplitude normale. Cette dernière intervention est dite « manipulation », et le terme nourrit des controverses sans solution du fait de l’imprécision de la terminologie.

L’ORIGINE DE L’OSTÉOPATHIE

On ne peut passer sous silence, lorsqu’on veut découvrir les racines de l’ostéopathie, l’origine des manipulations vertébrales. Celles-ci se perdent dans la nuit des temps connus. Grâce à l’écriture, on a pu retrouver des preuves : papyrus datant de 5000 avant J.C., puis en Grèce, HIPPOCRATE DE COS décrit quelques manipulations dans son traité. A Rome, C. GALLIEN, médecin de l’empereur s’initiait à ce traitement. Au Moyen-Orient, AVICENNE parle des sciatiques vers 1000, le Moyen-Âge ne fait que reprendre les doctrines grecques transmises à travers les traductions arabes.

Il faut attendre le concile de 1215 qui sépara la médecine de la chirurgie. Celle-ci étant laisser aux barbiers, tandis que les manipulations sont laissées aux rebouteux (déjà !). A la Renaissance, A.PARE parle de la réduction de « l’os caudae » toujours utilisée de nos jours. En 1768, le navigateur COOK fut traité pour des douleurs du dos par des indigènes, au XIXe siècle les « Bonesetters » dominaient en Angleterre, en Suède au même moment STAPFER et BRANDT parlent des manipulations organiques (la primeur de l’ostéopathie viscérale). L’un des grands chirurgiens anglais de l’époque, Sire James PAGET, conseille à ses confrères « d’apprendre et d’imiter ce qui est bon et d’éviter ce qui est mauvais chez les rebouteux », « Fas est ab hoste docere » (la sagesse est d’apprendre de votre ennemi. Apprenez ensuite ce que vous pourrez de la pratique des masseurs et plâtriers car ceux-ci connaissent de merveilleux tours).

C’est aux Etats-Unis, vers 1850, que deux grands courants voient le jour, ils vont révolutionner le monde médical par leurs théories et on peut dire que ce n’est pas terminé, c’est la naissance de l’ostéopathie et de la chiropraxie.

Les deux grands courants : Still et Palmer

A.T. STILL (1829-1917) fut un médecin déçu de son art, révolté par l’esclavage des noirs, révolté par la condition faite aux femmes, par le génocide humain, il se voulait être proche des humains mais était conscient de ses limites. STILL découvrit empiriquement avec l’observation de la nature que le corps doit avoir en lui-même tout ce qu’il faut pour fonctionner et il en établit les quatre principes que nous avons vus. L’ostéopathie était née.

L’autre courant vit le jour à la même époque, PALMER en fut le père. Elle se compose d’une technique et d’une philosophie. PALMER, épicier et magnétiseur, mit en pratique la chiropraxie selon le concept que l’homme est une machine menée par une force innée « innate intelligence » qui parcourt tout le corps par l’intermédiaire du système nerveux. La distribution de ce flux peut être perturbée par des blocages vertébraux et représente même la cause unique du déclenchement des maladies. Aujourd’hui, la chiropraxie a évolué et les chiropracteurs intègrent leur art avec les connaissances scientifiques d’aujourd’hui.

Le diplôme américain Doctor of Ostheopathy

STILL eut beaucoup de difficultés pour ouvrir son école en 1892 et ce n’est qu’en 1897 que le diplôme « Doctor of Ostéopathy » (DO) fut reconnu, mais il fallu attendre 1962 pour que les dirigeants médicaux et ostéopathes californiens fusionnent, les DO devenant des MD (médecins reconnus). Ce qui ne plut pas à la plupart des ostéopathes qui eurent peur de perdre leur particularisme. En 1963, la commission des services publics des Etats-Unis annonça la parité des diplômes émis pour les MD et les DO.

Actuellement, ils figurent les uns et les autres sous la même rubrique de praticiens (physicians) et de chirurgiens (surgeons) dans les pages jaunes. Leur cursus universitaire est le même (7 années), et l’Américain Ostéopathic Association accrédite aujourd’hui 16 écoles. Selon le corps enseignant d’une école d’ostéopathie du Michigan, la seule différence se situe dans l’abord réservé à l’étude de l’être humain considéré plus globalement. Les DO installés utilisent relativement peu les techniques ostéopathiques, exerçant surtout comme généralistes, seuls 30% font la vraie démarche.

En Europe, on signalera toutes les formations qui ont pris un essor depuis la seconde guerre mondiale et qui s’occupent des manipulations vertébrales mais cela n’a rien à voir, la plupart du temps, avec le concept ostéopathique.

Le diplôme français

En France, le Dr. MOUTIN en 1913, puis le Dr. R.LAVEZARRI dans les années 30, furent les premiers médecins français à se recommander de l’ostéopathie. D’autres, qui n’étaient ni médecins, ni masseurs, ni rebouteux, s’adonnaient déjà aux techniques ostéopathiques sans le savoir ! En 1952 naquit la société française d’ostéopathie créée « dans un esprit d’ouverture et de tolérance ». Que nos amis médecins se réclamant aujourd’hui de l’ostéopathie gardent à l’esprit ces maîtres mots ! Qu’ils sachent que l’ostéopathie telle qu’ils la définissent ne correspond pas toujours au concept de STILL, mais plutôt à la vertébrothérapie ou à l’orthopédie, et qu’ils reconnaissent la parité aux kinésithérapeutes qui s’en réclament. En 1982, la faculté de médecine de Paris Nord Bobigny créa un cursus d’ostéopathie dont les enseignants étaient des médecins, anciens kinésithérapeutes, ostéopathes diplômés en Angleterre, ainsi que des moniteurs non médicaux, kinésithérapeutes diplômés d’ostéopathie dans ce même pays. Mais ce cursus fut réservé aux seuls médecins : que d’ingratitude ! Il existe aussi des écoles privées réservées aux médecins qui dispensent des séminaires dans un laps de temps très court.

Les kinésithérapeutes se sont en revanche particulièrement investis dans le domaine de l’ostéopathie et ils pratiquent, sous couvert de celle-ci, les manipulations vertébrales douces dans le concert originel. Dès 1950, Paul GENY, kinésithérapeute, créa avec T. DUMMER (ostéopathe anglais) l’Ecole Française d’Ostéopathie qui délivrait un diplôme engageant le praticien à utiliser ces techniques sous contrôle médical ; puis il se dirigea vers l’European School of Osteopathy. Certains de ses élèves développèrent une ostéopathie non médicale dans notre pays. Ce sont eux qui sont à l’origine des écoles privées enseignant l’ostéopathie aux kinésithérapeutes sous forme de séminaires pendant au moins cinq ans. L’anatomie, la physiologie, la sémiologie, la biomécanique ont une place prépondérante dans l’enseignement, de même que les indications et contre-indications aux gestes manipulatifs.

La règle de DO n’a rien à voir avec celle des américains mais signifie « diplômé en ostéopathie ».

L’ÉTHYMOLOGIE DU MOT « OSTÉOPATHIE »

Si l’on prend le Garnier Delamarre, dictionnaire des termes de médecine, ce terme qui vient du grec ostéon : os et pathé : affection, possède deux sens :

1. Nom générique de toutes les affections osseuses. 2. Système thérapeutique basé sur les manipulations.

Première ambiguïté !

Au terme ostéopathe, on relève : Patient atteint d’une maladie osseuse. Praticien consacrant son activité à l’ostéopathie.

Nouveau paradoxe !

Le père de l’ostéopathie A.T. STILL disait : « Vous me demandez ce qu’est l’ostéopathie, vous regardez dans le dictionnaire médical et trouvez comme définition : maladie des os. C’est une erreur grave. Ostéopathie est composée de deux mots : ostéon qui veut dire os et pathos : souffrance. Je raisonnais ainsi : les ostéons sont le point de départ que je suppose être la cause des conditions pathologiques, dans le sens où les effets viennent de la structure, ainsi je combinais l’ostéon avec pathos et obtins comme résultat ostéopathie ».

Pour STILL, pathologie médicale veut dire étude des résultats des maladies. Pour lui, l’ostéopathie est une application indiquant l’influence de la maladie, ses causes et ses traitements manuels et non une affection ou une douleur locale de l’os.

L’Homme, un tout indivisible

Un docteur en médecine, un kinésithérapeute limitent fréquemment l’ostéopathie à la manipulation et dès lors, pensent que s’ils ajoutent une manipulation à leur arsenal thérapeutique, ils peuvent faire de l’ostéopathie. Cela est faux. L’ostéopathie est la loi de l’esprit, de la matière, et du mouvement pour STILL. C’est une connaissance scientifique à la fois de l’anatomie et de la physiologie, ajoutée à l’écoute de l’autre en prévention de la maladie et au service d’un patient. Le corps en bonne santé doit être considéré comme perfection et harmonie, non d’une de ses parties mais en son entier, d’où le terme de thérapie holistique (grec holos : tout entier).

Je cite de nouveau STILL : « … votre devoir comme maître de la machine est de veiller à ce que le moteur soit gardé en bonne condition, de façon à ce qu’il n’y ait aucun désordre fonctionnel dans aucun nerf, dans aucune veine, artère qui nourrit et gouverne la peau, l’aponévrose, le muscle, le sang ou quelque fluide dont la circulation doit rester libre. »

L’homme fait partie intégrante du cosmos qui est un tout indivisible. L’univers a ses propres lois immuables, ses cycles, ses rythmes : lutter contre elles, c’est lutter contre l’univers. Le modernisme et le progrès ont éloigné l’homme de la nature, tout est fait pour que les gens ne s’accordent plus la capacité de juger de ce qui est bon pour elle mais se réfèrent aux « sachants ». L’homme s’est isolé de l’univers et a oublié sa participation inconsciente à ces phénomènes. L’ostéopathie se propose de réharmoniser ces éléments avec le cosmos (elle n’est pas la seule discipline, je vous l’accorde).

L’allopathie n’a pas cessé de diviser l’homme, de le fractionner, de le couper en morceaux alors qu’il y a interaction, continuité de tous les constituants du corps, les uns par rapport aux autres. L’ostéopathe se doit, par sa démarche et ses techniques, de réharmoniser ces lois et ces rythmes.

HIPPOCRATE disait : « … il y a un principe simple et multiple dans ses effets qui préside à toute l’économie du corps et qui y produit des contraires, il fait la vie du tout et des parties. »

Séparation de la médecine : physiologie et psyché

Pas un médecin, pas un thérapeute ne s’y opposera, mais qui l’applique ? Au siècle de DESCARTES, la séparation de la médecine en branches distingue les fonctions physiologiques et psychiques, entre l’esprit et le corps. Le système nerveux est alors étudié en deux matières : la psychiatrie pour le psychisme et la neurologie pour le physiologique. Heureusement, la neuropsychiatrie a réunifié corps et esprit. La spécificité de spécialisations fragmente les malades, spécificité des microbes, spécificité des remèdes entretiennent le dualisme corps/esprit.

Je cite ma consœur L. ISSARTEL : « … la pensée cartésienne perdure et la réunion de l’individu vivant, corps et âme, n’est pas more about less and less ». Des thérapies ont pour but d’unifier l’individu vivant, de lier le corps et l’esprit, ces médecines dites holistiques synthétisent et replacent l’organe dans l’organisme et l’organisme dans le monde. On peut citer l’acupuncture, l’homéopathie, et bien sûr l’ostéopathie qui agit sur la circulation de l’énergie par l’intermédiaire des structures du corps. »

LES 4 GRANDS PRINCIPES

La structure gouverne la fonction

 L’ensemble neuro-myo-fascio-squelettique constitue cette structure. C’est la charpente constituée par les muscles (de façon défini ici comme tissu qui joint et qui est sans rupture), les os et leurs articulations et le système nerveux qui la commande. Elle est là pour l’action. Cette charpente commande les fonctions de l’organisme, qui représente l’activité des différents systèmes : respiratoire, cardiaque, digestif, glandulaire, circulatoire (sanguin et lymphatique) qui constituent la machineries d’entretien. Il y a interrelation entre la structure et les fonctions, inversement des fonctions déréglées modifient la structure. La maladie ne peut se développer si la structure est harmonieuse.

L’unité du corps

Le corps humain a la faculté de retrouver son équilibre (physique, biochimique, mental…) dans le sens de l’homéostasie (c’est-à-dire la faculté pour le corps de maintenir toutes ses composantes physiologiques à des valeurs stables).

« Le tout dépasse la somme des parties. Le corps et l’esprits sont unis. »

L’autoguérison

Le corps a les moyens d’autoguérison. Il détient en lui-même tous les moyens nécessaires pour éliminer ou endiguer les maladies. Il est impératif que ces moyens soient libres de fonctionner afin que l’élimination des déchets et la nutrition cellulaire puissent s’effectuer normalement.

La loi de l’artère

La libre circulation du sang (au niveau de l’artère et de la veine et celle de la lymphe) sont nécessaires pour éviter les stases et l’accumulation des toxines.

LES DIFFÉRENTS ABORDS DU TRAITEMENT OSTHÉOPATHIQUE

L’ostéopathie crânienne

Elle nous vient des USA. C’est celle qui pose le plus d’interrogation aux esprits scientifiques. Je vous la livre donc comme source d’information et comme hypothèse. Elle est cependant partie intégrante du concept ostéopathique. Expliquons d’abord les lésions crâniennes. Celles-ci se manifestent par des douleurs (névralgies du tri jumeau par exemple), par des perturbations musculaires (paralysie faciale, strabisme), par des maux chroniques au niveau de la tête (maux de tête, sinusite). Elles entraînent par exemple dans le corps, via le nerf pneumogastrique (X) : nausées, modification des rythmes cardiaques, trouble de la digestion et troubles psychiques. Si vous examinez le crâne d’un squelette desséché et que vous y mettez des haricots secs, de l’eau à hauteur, au bout de 24 heures, ce bloc éclatera sous la pression des haricots révélant des os de forme et grosseur variables qui dévoileront des bords avec des sutures qui articulent ces os entre eux (sutures en rainures, en crêtes, en gouttière).

Ces particularismes ne sont quasiment pas décrits dans la littérature médicale, qui reste discrète sur le sujet. N’oublions pas que les os formés à 50% d’eau restent flexibles et résistants. Une telle flexibilité, bien que légère, doit permettre au crâne de s’adapter durant la vie à des demandes mécaniques (dentition, système myo-facial). Le crâne est de plus traversé par des cavité d’air, comme une éponge : les sinus. Les maxillaires et les mandibules ont des fonctions spéciales parmi lesquelles la distribution des pressions masticatrices à travers les os du crâne. Les pressions quand on mord sont trop grandes pour être absorbées localement.

Voilà pour la charpente, voyons maintenant le moteur appelé mécanisme respiratoire primaire. C’est W.G.SUTHERLAND, le père de l’ostéopathie crânienne, qui a découvert ce rythme au début du siècle, caractérisé par une expansion et de rétractation (flux et reflux). Ce rythme, qui est de l’ordre de 10 à 14 fréquences par minute, n’a rien à voir avec la pulsion cardiaque, respiratoire. Il est volontaire et serait dû aux mouvements inhérents du cerveau lui-même, à la fluctuation du liquide céphalo-rachidien qui est la résultante de ce mouvement du cerveau et au balancement des membranes de tension (dure-mère, tente du cervelet, etc.). Le cerveau ne ballotte pas dans sa boîte au hasard. Son mouvement intrinsèque transmis aux liquides « qui heurte les haubans, comme des voiles tendues reçoivent le vent » a pour conséquence le mouvement des os crâniens. Ce mouvement est dû à un changement rythmique des tensions au niveau des différents os du crâne, l’amplitude de ce changement de conformation des os du crâne est de l’ordre de 1/20 mm à 1 mm et entre 12 à 25 microns. Il est permis par la flexibilité de l’os, par la présence de sutures non ossifiées (les os à biseaux externes s’écartent alors que les os à biseaux internes rentrent) et non par la non-soudure de la synchrondrose sphéno-basilaire.

Ce mouvement se propage et peut-être ressenti à n’importe quel endroit du corps : cela palpite, fluctue, balance – cela suit le mouvement – cela bascule (sacrum). Ce mouvement, c’est la vie. Tout a commencé par une mise en mouvement – on parle d’énergie primordiale, ancestrale (le grand horloger !) – mais la cause première n’est pas encore trouvée.

La vie est mouvement de l’infiniment grand à l’infiniment petit, tout est mobile dans l’univers, l’électron, les plaques tectoniques. L’homme est poussière d’étoile et donc élément de l’univers, et échange cette énergie avec lui.

L’ostéopathie vicérale

En ostéopathie, les viscères ne sont pas considérées différemment d’une articulation. THURE BRANDT et STAPFER, qui n’étaient pas ostéopathes, en ont décrit les premières manœuvres, que les kinés connaissent bien. Cette discipline s’est surtout développée en France.

La bonne fonction d’une viscère est liée à sa mobilité physiologique, à sa bonne vascularisation et à son innervation correcte. Les viscères sont suspendues aux structures osseuses et musculaires. Un jeu passif viscéral est indispensable sinon des adhérences se créent. Une mauvaise mobilité viscérale provoque un mauvais drainage veino-lymphatique, une dysfonction de l’innervation viscérale et du péristaltisme. La gravité entraîne toutes sortes de pathologies (le mouvement cardiaque se répète 100.000 fois par jour, le diaphragme 20.000 fois par jour). Tout ce système est sous la dépendance du système nerveux sympathique qui réagit particulièrement au stress, aux émotions, aux joies, aux chagrins. Chaque viscère correspond à un étage vertébral.

L’ostéopathie structurelle vertébrale périphérique

C’est la plus connue, c’est celle de la lésion vertébrale, celle de la perte de mobilité entre deux vertèbres. Elle fabrique des problèmes aigus (sciatique par exemple) ou des maladies chroniques. Les vertèbres forment le conduit protecteur de la moelle (qui est le prolongement du cerveau) et d’où partent les nerfs moteurs, sensitifs et sympathiques. Tout dérangement à la longue entraîne infiltrations, inflammations et fibroses. L’ensemble des os « déréglés », des tissus infiltrés et fibrosés atteignent les nerfs et les ganglions gênant leur nutrition et les emprisonnant dans un carcan impropre aux échanges cellulaires. Ce ralentissement biologique provoque avec le temps, l’inhibition ou au contraire l’hyperexcitation des nerfs et des ganglions (troubles sensitifs et moteurs, troubles viscéraux, circulatoires, digestifs…).

Les lésions évoluent souvent sans bruit vers la chronicité. Une perte de mobilité entraîne une compression d’un nerf, d’un ganglion, l’apport de sang diminue (loi de l’artère), la nutrition cellulaire est ralentie, les déchets stagnent et les maux chroniques apparaissent (aigreurs d’estomac, crises d’angoisse, migraines, lumbagos). Il existe aussi des lésions périphériques. Ces troubles de la machinerie d’entretien – dits fonctionnels – augmentent les dépenses et contribuent au déficit de la sécurité sociale, car ils font tous des migraineux, des ulcéreux, des asthmatiques, des constipés, des prétendus allergiques. Les traitements les soulagent momentanément. S’il y a une lésion ostéopathique vertébrale, les mêmes causes produiront les mêmes effets et le moindre gravillon supplémentaire (professionnel, psychologique, affectif) « facilitateur » déclenchera le processus. Ce sont les expressions, telles qu’être tendu », « à bout de nerfs » qui peuvent être les signes d’alarme, l’insignifiant déclenche l’excessif. La moindre fatigue, la moindre activité physique, le moindre désagrément convergent vers les muscles, viscères ou nerfs au niveau atteint. Souvent le processus se déclenche à distance du niveau lésé, ce qui explique que de nombreuses maladies sont appelés fonctionnelles à tort puisque elles ne sont pas dues à l’organe malade mais au blocage vertébral. C’est le système nerveux neurovégétatif qui est perturbé, celui de la vie de relations entre autres.

Conclusion

En conclusion de ces remarques, on peut donc définir l’ostéopathie comme une méthode de soins qui, par des actions manuelles sur le tissu ligamentaire, musculaire et nerveux ainsi que sur les structures osseuses et viscérales, a pour but de susciter l’équilibre ou de faciliter une réaction naturelle susceptible de faire cesser ces dysfonctions ostéo-articulaires, membraneuses, viscérales et psychiques.

2018-11-14T17:12:59+02:00