L’OSTÉOPATHIE 

HISTORIQUE Ι DEFINITION Ι PRINCIPES Ι LES DIFFÉRENTS TRAITEMENTS

Il est délicat de donner une définition universelle.
Aux Etats-Unis il s’agit d’une discipline médicale à part entière, avec écoles de médecine, hôpitaux, chirurgiens…
En France, l’Ostéopathie qui jouit des faveurs du public est proche d’une « mode ».
Les écoles de formation post bac forment de trop nombreux ostéopathes sans que cela réponde à un besoin.

Les manœuvres ostéopathiques semblent être de deux natures (mais les définitions changent avec les auteurs) :

1. La mobilisation manuelle qui respecte l’amplitude articulaire habituelle, dite « physiologique »
2. La mobilisation en force, supposée dépasser l’amplitude normale. Cette dernière intervention est dite « manipulation », et le terme nourrit des controverses sans solution du fait de l’imprécision de la terminologie.

L’ORIGINE DE L’OSTÉOPATHIE

L’ostéopathie est une approche thérapeutique non conventionnelle qui repose sur l’idée que des manipulations manuelles du système musculo-squelettique et des techniques de relâchement myofascial permettent d’apporter un soulagement dans le domaine du trouble fonctionnel.
L’ostéopathie apparait aux Etats Unis vers 1850, Andrew Taylor STILL jette les fondements de sa « médecine ». Il n’est pas médecin et ne le sera jamais, il se passionne pour les os, d’où le nom qu’il donnera à son concept. Ses élèves feront évoluer les techniques, ils poseront les bases théoriques et diffuseront à travers le monde, la philosophie ostéopathique, sa vision holistique (« le corps est un tout »).
Le terme de DO accolé au titre d’Ostéopathe n’a rien à voir avec celui des américains mais signifie simplement  « diplômé en ostéopathie ».

En France, le titre professionnel d’ostéopathe est reconnu, de même que celui de chiropracteur, par la loi du 4 mars 2002. L’usage de ce titre n’est toutefois pas réservé aux personnes exerçant la profession d’ostéopathe à titre exclusif mais est également ouvert aux personnels de santé remplissant les conditions ainsi qu’il a été confirmé par le Conseil d’État. Les décrets d’application relatifs aux conditions d’exercice de la profession sont toutefois distincts pour les professionnels de santé et les non  professionnels de santé  qui, par conséquent, n’obéissent pas aux mêmes règles et n’ont pas les mêmes compétences.

L’ÉTHYMOLOGIE DU MOT « OSTÉOPATHIE »

L’étymologie du mot ostéopathie vient de la combinaison de deux racines grecques à savoir :

  • L’ostéon qui signifie os (ostéo), peut être ici pris de manière plus globale et se rapporter à la notion de densité. En effet, les premiers à utiliser ce terme étaient les anglo-saxons avec le terme « osteopathy », or « os » en anglais se dit « bone ». Nous n’avons donc ici aucune exclusivité étymologique avec le tissus osseux.
  • Pathos qui veut dire souffrance (pathie).

PRINCIPES DE L’OSTEOPATHIE

L’Homme, un tout indivisible

La globalité: l’ostéopathie est une thérapeutique holistique. L’homme est un tout indivisible. Le corps constitue une unité fonctionnelle ,indissociable. Chaque muscle, os, ligaments, fascias, viscères est en étroite relation avec le reste du corps humain ainsi qu’avec son psyché, son identité.
– L’interrelation structure -fonction: chaque structure possède une fonction qui lui est propre, et inversement. Dès qu’une structure commence à
perdre sa mobilité, la fonction qu’elle remplit est perturbée, entrainant un trouble fonctionnel.

L’interdépendance des organes du corps sera d’abord comprise au sens des liens mécaniques (tension, traction, compression…) qui relient les différentes parties du corps entre elles : les os et leurs articulations, les ligaments et les capsules articulaires, les aponévroses et les muscles, les vaisseaux sanguins mais aussi les nerfs. Il faudra attendre la fin du XXème siècle pour que des études attestent de la grande complexité des rapports entre nos organes et du caractère visionnaire de STILL: une dysfonction peut se manifester à distance, loin de son origine et le corollaire de tout ça : notre corps est un tout, et chaque dysfonction se traduit par une adaptation locale initialement mais ensuite cette adaptation devient générale (compensation). Ces modifications plus ou moins harmonieuses et confortables selon les individus, sont sources de douleur, de gêne, de dérèglement fonctionnel plus ou moins proche du désordre initial.

Les mains de l’ostéopathe sont à la fois son outil diagnostique et son vecteur de traitement. La ou les « lésions ostéopathiques » sont répertoriées et traitées par le thérapeute, non pas systématiquement mais de manière raisonnée et limitative, car il serait pour le moins présomptueux en tant que professionnel de santé de croire qu’on est en mesure de restaurer l’ensemble des capacités au patient. Il convient de préciser que l’ostéopathe, qui est par ailleurs professionnel de Santé, (Médecin, kinésithérapeute ou autre), est à même de connaitre les limites de ses compétences et d’orienter le cas échéant le patient vers une prise en charge spécialisée ou des examens complémentaires.

LES 4 GRANDS PRINCIPES de l’OSTEOPATHIE

La structure gouverne la fonction

L’ensemble neuro-myo-fascio-squelettique constitue cette structure. C’est la charpente constituée par les muscles (de façon défini ici comme tissu qui joint et qui est sans rupture), les os et leurs articulations et le système nerveux qui la commande. Elle est là pour l’action. Cette charpente commande les fonctions de l’organisme, qui représente l’activité des différents systèmes : respiratoire, cardiaque, digestif, glandulaire, circulatoire (sanguin et lymphatique) qui constituent la machineries d’entretien. Il y a interrelation entre la structure et les fonctions, inversement des fonctions déréglées modifient la structure. La maladie ne peut se développer si la structure est harmonieuse.

L’unité du corps

Le corps humain a la faculté de retrouver son équilibre (physique, biochimique, mental…) dans le sens de l’homéostasie (c’est-à-dire la faculté pour le corps de maintenir toutes ses composantes physiologiques à des valeurs stables).

« Le tout dépasse la somme des parties. Le corps et l’esprits sont unis. »

L’autoguérison

Le corps a les moyens d’autoguérison. Il détient en lui-même tous les moyens nécessaires pour éliminer ou endiguer les maladies. Il est impératif que ces moyens soient libres de fonctionner afin que l’élimination des déchets et la nutrition cellulaire puissent s’effectuer normalement.

La loi de l’artère

La libre circulation du sang (au niveau de l’artère et de la veine et celle de la lymphe) sont nécessaires pour éviter les stases et l’accumulation des toxines.

LES DIFFÉRENTS ABORDS DU TRAITEMENT OSTÉOPATHIQUE

L’ostéopathie structurelle

L’ostéopathie structurelle s’intéresse aux éléments osseux, articulaires et musculaires du corps et est fondamentale dans la pratique ostéopathique.

C’est cette partie de l’ostéopathie qui est la plus connotée. On fait souvent référence aux manipulations cervicales, parfois redoutées, car prétendument risquées.

En réalité, l’ostéopathie structurelle est bien plus que cela. Toutefois, elle ne représente qu’un tiers de l’ostéopathie.

L’ostéopathie fonctionnelle

Il existe également d’autres techniques que les trusts et l’énergie musculaire (ostéopathie structurelle) pour corriger des lésions ostéopathiques.

Il s’agit des techniques fasciales (ou myofasciales) qui sont, elles, beaucoup plus fines. Elles s’appuient sur les fascias, ou aponévroses, c’est-à-dire les enveloppes musculaires qui permettent notamment le glissement des muscles entre eux (les frictions sont évitées grâce à ces fines membranes).

Certains domaines de l’ostéopathie ne trouvent pas de justification scientifique et sont en décalage par rapport aux données acquises de la science.

L’ostéopathie crânienne

Un domaine en particulier concerne l’ostéopathie crânienne. Un rapport du CORTECS fait un point sur les publications et la littérature  et conclut que les preuves méthodologiquement valables en faveur de l’efficacité thérapeutique des techniques et stratégies thérapeutiques issues de l’ostéopathie crânienne sont pratiquement inexistantes.
A la suite de ce rapport le Conseil National de l’Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes a rendu un avis. Lire l’avis

L’ostéopathie viscérale

Il en est de même en ce qui concerne l’ostéopathie viscérale pour laquelle Conseil National de l’Ordre des Masseurs Kinésithérapeutes a rendu un avis.
Lire l’avis du CNOMK

Le mouvement respiratoire primaire

Le mécanisme respiratoire primaire (MRP) est le concept fondamental de l’ostéopathie crânienne, puis de l’ostéopathie dans son ensemble. Comme dans la médecine chinoise, où les pouls reflètent « l’état de santé de l’individu », le mécanisme respiratoire est pour l’ostéopathe, primordial pour connaître la vitalité du patient.
Notion très discutable qui nuit à l’ostéopathie. Certains ont un avis tranché sur ce concept: le MRP n’existe pas

L’OSTEOPATHIE EN FRANCE

En France, le titre professionnel d’ostéopathe est reconnu, de même que celui de chiropracteur, par la loi du 4 mars 2002. L’usage de ce titre n’est toutefois pas réservé aux personnes exerçant la profession d’ostéopathe à titre exclusif mais est également ouvert aux personnels de santé remplissant les conditions ainsi qu’il a été confirmé par le Conseil d’État. Les décrets d’application relatifs aux conditions d’exercice de la profession sont toutefois distincts pour les professionnels de santé et les non  professionnels de santé  qui, par conséquent, n’obéissent pas aux mêmes règles et n’ont pas les mêmes compétences.

La Sécurité sociale ne rembourse pas les actes liés à l’ostéopathie. La consultation d’un ostéopathe non-médecin n’est pas prise en charge par la Sécurité sociale, puisqu’il s’agit ni d’un praticien médical, ni paramédical. Depuis l’apparition d’un cadre légal en 2002, dans le cadre de contrats spécifiques, certaines assurances complémentaires (mutuelles) remboursent les frais liés à la consultation d’un ostéopathe.

Les ostéopathes non-médecins sont des professionnels autonomes, non soumis au contrôle d’une instance ordinale quant à leur pratique.
Les ostéopathes professionnels de santé sont soumis au code de la santé publique, au Code de déontologie de leur profession. Les ostéopathes ne sont pas une profession réglementée et n’ont pas de code de déontologie.
Les ostéopathes sont exonérés de TVA

Ce n’est que le 27 mars 2007,  que les décrets paraissent au Journal officiel. Les ostéopathes obtiennent une pratique réglementée et peuvent être consultés en première intention. L’art. 1er dispose : « Les praticiens justifiant d’un titre d’ostéopathe sont autorisés à pratiquer des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles fonctionnels du corps humain, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. »

OSTEOPATHIE ET KINESITHERAPIE

Le conseil de l’ordre des masseurs kinésithérapeutes définit dans un rapport, validé en date du 24 juin 2011 l’ostéopathie et le statut de masseur kinésithérapeute ostéopathe.

Si la loi ne prévoit pas de définir l’ostéopathie comme une profession en tant que telle, elle donne un cadre très précis sur ce que les masseurs kiné ostéopathes peuvent faire en matière de soins.
La loi distingue l’ostéopathie médicale de l’ostéopathie non médicale
Certains points qui restaient flous quant aux techniques que le masseur kiné ostéopathe peut utiliser avec ses patients ont été précisés par le conseil d’état.

Le masseur-kinésithérapeute ostéopathe est un professionnel de santé, masseur- kinésithérapeute, qui a obtenu le droit d’user du titre d’ostéopathe en reconnaissance d’une expertise et de compétences spécifiques qualifiantes qu’il a acquises en complément de sa formation initiale auprès d’un établissement agrée par le Ministère de la Santé ou par les commissions régionales d’agrément des ARS. Il pratique l’ostéopathie de manière exclusive ou non.

Conclusion

En d’autres termes, l’ostéopathie est admise en tant que « médecine douce » (pour autant que cela soit de la médecine), mais ne doit pas se substituer au soin de pathologies nécessitant des interventions médicales poussées, notamment l’usage de médicaments ou l’intervention chirurgicale. De plus, la pratique de manipulations du rachis cervical ainsi que la pratique de manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois sont réservées aux titulaires d’un diplôme médical ou paramédical, ou nécessiteront un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie

Certains domaines de l’ostéopathie ne trouvent pas de justification scientifique et sont en décalage par rapport aux données acquises de la science. Attention l’effet de mode pousse les Ostéopathes à prétendre avoir une efficacité dans tous les domaines.

La prolifération d’ostéopathes non professionnels de santé provoque une saturation et certaines désillusions se font jour. Le miroir aux alouettes brandi par les écoles de formation pousse de nombreux jeunes vers ces écoles qui sont des entreprises de formation. Un titre leur est décerné à la sortie mais il n’y a parfois pas de profession au bout.

2019-02-14T17:47:09+00:00