L’ÉLECTROTHÉRAPIE 

Traitement par courants électriques

COURANTS ÉLECTRIQUES Ι ANTALGIQUE Ι STIMULATION MUSCULAIRE

Aujourd’hui, la neurophysiologie donne aux kinésithérapeutes des éléments qui lui permettent de déterminer avec plus de précision les paramètres des impulsions qu’il doit utiliser en fonction des effets recherchés. Pour cette raison, il semble difficile à une personne non initiée de se servir de ces courants électriques sans une notice très explicative, ou sans avoir suivi une formation (actuellement inexistante).

COURANTS ÉLECTRIQUES

Les courants unidirectionnels

1. Etat constant : le courant galvanique ou ionisation

    1. C’est un courant électrique polarisé, donc dangereux dans son application. C’est une technique encore pratiquée pour le traitement des inflammations localisées bien que la pénétration de la plupart des ions médicamenteux dans la circulation sanguine soit très contestée. Les expérimentations in vivo et in vitro n’ont pas permis de mettre en évidence le passage himiques des tissus dus aux effets électrolytiques du courant, on respecte un protocole précis et progressif pour le réglage de l’intensité et on n’applique pas de courant galvanique sur des patients porteurs de pièces métalliques incluses.

2. Etat variable

    1. Les courants unidirectionnels de basse fréquence possèdent des propriétés antalgiques et excito-motrices, mais ils présentent des inconvénients majeurs: ils sont dangereux, au même titre que les courants galvaniques.
    1. – Ils sont moins efficaces car les séances sont de courte durée ou avec une intensité trop faible.
    1. – Ils sont moins confortable car ils provoquent une sensation d’échauffement et d’irritation galvanique.
    1. – Ils sont limités car contre-indiqués chez les porteurs de pièces métalliques intratissulaires.
    La seule application, est la stimulation des fibres musculaires dénervées.

Les courants bidirectionnels

Les courants bidirectionnels à moyenne nulle ne présentent pas de propriétés polaires. Ils ne produisent pas d’électrolyse et ne provoquent pas de brûlure chimique des tissus. Ils sont recommandés pour pratiquer l’électrostimulation antalgique et excito-motrice.

QUE DÉSIRE-T-ON EN ANTALGIQUE ?

Les attentes

État constant

Un courant à état constant

Biphasique

Un antalgique biphasique à moyenne nulle pour pouvoir être appliqué sur du matériel d’ostéosynthèse.

Balayage d’excitation

Un balayage d’excitation d’un maximum de fibres de gros diamètre par variation de la durée de l’impulsion entre 10 et 200µs.

Inhibition locale segmentaire

Pour l’inhibition locale segmentaire (dite du « Gate control ») : lors des douleurs récentes, une fréquence entre 80 et 120µs ou lors des douleurs chroniques, une fréquence entre 30 et 60µs.

Inhibition supra-segmentaire

Pour l’inhibition supra-segmentaire (dite « endorphinique »), une fréquence très basse de 1 à 9Hz.

Application des deux types d’inhibition

Nous souhaitons pouvoir appliquer les deux types d’inhibition, de manière simultanée et parallèle pendant la même séance, afin de ne pas exagérer les temps de traitement (20 à 30 minutes pour l’inhibition locale, et 10 à 15 minutes pour l’inhibition supra-segmentaire). Il faudra un appareil avec 2 générateurs, capable de fournir 2 types de stimulation sur 2 canaux différents.

Phénomène d’accommodation

Pour être efficace dans l’inhibition locale segmentaire, nous devons éviter le phénomène d’accommodation ou d’accoutumance des fibres de gros diamètre. Il faudra un appareil qui offre des changements de paramètres pendant le temps de stimulation : changement de fréquence, changement de largeur d’impulsion, changement d’intensité, et ceci de manière aléatoire. Ces changements ne doivent pas être cycliques car l’on s’habitue très vite à retrouver les mêmes paramètres, les fibres nerveuses ayant un fort pouvoir d’adaptation (et inefficacité de l’effet recherché).

Confort

Pour être confortable dans la stimulation électrique à visée antalgique supra-segmentaire, il faudra augmenter la largeur d’impulsion pour monter entre 500 et 1000µs.

L’utilisation des électrodes

En dehors de ces astreintes nécessaires au niveau de l’appareillage, le positionnement des électrodes reste un facteur déterminent dans la qualité du résultat final. Pour l’inhibition segmentaire, il sera utile de connaître les émergences nerveuses des territoires concernés par la stimulation. Pour l’inhibition supra-segmentaire, il est nécessaire d’utiliser des électrodes longues et étroites appliquées de chaque côté de la colonne vertébrale et positionnées selon les étages métamériques.

L’intensité utilisée pour ce type de stimulation n’étant pas importante, les petits appareils portables peuvent fort bien répondre aux souhaits recherchés, mais pour être efficace, une connaissance anatomique semble indispensable. Les notices sont toujours insuffisantes pour obtenir ces connaissances.

QUE DÉSIRE-T-ON EN STIMULATION MUSCULAIRE ? (innervé)

Les paramètres

1. Choix de la largeur d’impulsion

Pour stimuler un muscle, il est important d’en connaître sa chronaxie.
Il existe 3 groupes de chronaxies: les petites entre 0,08 et 0,16 ms, les moyennes entre 0,16 et 0,32 ms, et les grandes entre 0,40 et 0,70 ms. Le fait de connaître ces chronaxies motrices, permet de choisir la largeur d’impulsion afin d’optimiser le confort de la contraction. On choisira une largeur de 80 à 130µs pour les petites chronaxies, une largeur de 160 à 300µs pour les chronaxies moyennes et une largeur de 400 à 700µs pour les plus grandes chronaxies.

Exemple: nous choisirons une largeur de 200 à 250µs pour stimuler un biceps brachial.

2. Choix des durées de contraction du muscle

Il s’agit de régler trois paramètres :
1. Le temps de montée progressive de l’intensité du courant. Il ne doit pas être trop brutal pour ne pas déclencher une appréhension et un stress dans le cas de l’installation d’une forte intensité (entraînant une très forte contraction).
2. Le temps de plateau ou l’intensité reste constante. Il est en étroite corrélation avec le but recherché. Un temps de 3 secondes pour développer la force « explosive », un temps de 6 secondes pour développer la « force » et un temps de 10 secondes pour développer la « masse » musculaire.
3. Le temps de descente ou le retour à la phase de repos musculaire. Il est généralement identique au temps de montée choisi.
Ces temps sont importants.

3. Choix de la durée du temps de repos

La durée du temps de repos est le temps séparant 2 contractions musculaires.
Afin de pouvoir répéter des contractions efficaces, avec une intensité maximale, on utilise un temps de repos 3 fois supérieures au temps total de contraction. Le temps de repos ne descendra pas en dessous de 10 secondes et ne dépassera pas 30 secondes.

4. Choix de la fréquence des impulsions

La fréquence des impulsions est liée au type de fibres musculaires que l’on souhaite stimuler.
– Les fibres lentes (I) seront stimulées par une fréquence entre 25 et 80 Hz.
– Les fibres intermédiaires ( II a) seront stimulées par une fréquence entre 60 et 120 Hz.
Les fibres rapides (II b) seront stimulées par une fréquence entre 100 et 150 Hz.

Nous avons maintenant tous les paramètres pour réaliser de stimulation musculaires selon un but précis.
Le positionnement et le choix des électrodes est moins crucial. Il suffit de faire le bon choix pour obtenir la plus forte contraction possible, non douloureuse et confortable, se rapprochant le plus possible de la contraction musculaire volontaire.

Le choix des appareils

Il existe par contre une grosse difficulté dans le choix des appareils. Ces stimulations consomment beaucoup de courant et d’autant plus que l’on désire stimuler plusieurs muscles en même temps. Les appareils portables sur piles alcalines se trouvent très vite épuisés, voir incapable de stimuler à une intensité suffisante. Il faut donc préférer des appareils alimentés par le secteur ou avec des batteries performantes et onéreuses. Soyez attentif à cet argument car un appareil en démonstration peut être convaincant pendant 5 minutes mais ne pas pouvoir stimuler correctement pendant ½ heure ou épuiser très vite ses batteries que l’on doit recharger.

2019-02-14T17:51:13+00:00